La différence entre routine méditative et répétition de la fuite dans les distractions

Introduction

« Le moi est avant tout un moi corporel. » – Sigmund Freud (« Corps et psychanalyse » -Christophe Dejours) Dans notre quête d’équilibre et de bien-être, nous cherchons souvent à établir des routines dans notre vie quotidienne. La routine méditative est une pratique qui peut nous aider à trouver cet équilibre et à développer une relation saine avec nous-mêmes. Cependant, il est important de distinguer la routine méditative de la répétition de la fuite dans les distractions, qui peut être une forme de symptôme psychologique. Dans cet article, nous explorerons la différence entre ces deux concepts et l’importance de la méditation dans la mise en place d’une routine saine.

Attention, Nous ne voulons pas dire que la méditation est obligatoire et l’indice d’une santé mentale irréprochable. Mais bien que la méditation est un des moyen possible pour une vie plus équilibrée.

1) La routine en psychanalyse selon Lacan

Selon le psychanalyste français J. Lacan, la routine est un élément équilibrant de notre structure psychique. Il la définit comme une répétition symbolique des actes quotidiens. Elle nous permet d’établir un sentiment de stabilité et de sécurité. La routine méditative s’inscrit dans cette perspective en nous offrant un espace régulier pour nous connecter à nous-mêmes et cultiver notre bien-être mental.

2) La répétition en psychanalyse selon Freud et Lacan

Pour Sigmund Freud, la répétition est un mécanisme psychologique qui nous pousse à reproduire des situations traumatisantes ou des schémas de comportement destructeurs. Lacan, quant à lui, voit la répétition comme une tentative de combler un manque ou une faille dans notre être. La répétition de la fuite dans les distractions peut être considérée comme une forme de répétition psychologique, où nous évitons de faire face à nos problèmes et cherchons des distractions pour nous échapper.

3) La fuite dans la distraction, l’évitement, la procrastination, le déni : répétitions ou symptômes ?

Lorsque nous nous engageons dans des comportements d’évitement, de procrastination ou de déni, il est important de nous interroger sur la signification de ces actions. Sont-elles simplement des répétitions de schémas de comportement ou sont-elles des symptômes d’un mal-être plus profond ? La réponse peut varier d’une personne à l’autre, mais il est essentiel de se poser ces questions afin de mieux comprendre nos propres motivations.

4) La mise en place d’une routine saine avec la méditation

La méditation peut être un outil précieux pour sortir de l’angoisse et de la répétition de la fuite dans les distractions. En nous offrant un espace de calme et de bienveillance envers nous-mêmes, la méditation nous permet de nous connecter à notre inconscient et de développer une meilleure compréhension de nos propres besoins et désirs. En intégrant la méditation dans notre routine quotidienne, nous pouvons créer un équilibre entre notre moi conscient et notre moi inconscient, ce qui favorise un bien-être global.

5) La méditation : une routine pour consolider le moi

En pratiquant régulièrement la méditation, nous renforçons notre moi et notre capacité à faire face aux défis de la vie quotidienne. La méditation nous permet de développer une plus grande résilience face au stress. Elle améliore notre concentration et cultive une plus grande clarté mentale. Elle nous aide également à mieux nous connaître, à identifier nos schémas de pensée limitants et à les transformer en pensées plus positives et constructives.

Moment présent et corps

En nous concentrant sur le moment présent, et le corps tel qu’il est à ce moment précis, nous acceptons ce que nous sommes et le monde tel qu’il est. Mais, dans la méditation, nous ne cherchons pas plus. Et au contraire, le fait de calmer nos pensées, de persévérer dans ce jardin intérieur. Nous arrêtons temporairement la course de nos angoisses, nos frustrations, nos colères. Nous sommes juste assis et rien ne se passe à ce moment précis. Nous changeons la conjugaison du moment : du « j’étais (…) j’avais » nous sommes dans le « je suis ici, maintenant.  » Nous ne le pensons pas, nous le sommes, sans actions. Et le futur, sera à construire, après ce moment. Donc inutile d’y penser.

Cet instant est un instant charnel, et non intellectuel. Il est fait d’un moi corporel, qui vit et ne se pense pas. Il se respire, et limite son espace juste par le respect de son état corporel tel qu’il est actuellement. Il n’est pas dans la construction psychologique, ou philosophique.

Germination du « moi » analytique.

C’est alors que le moi se renforce à chaque cession. La séance agit comme une graine qui germe, et construit ses feuilles dans l’instant. On est loin du projet ou des difficultés rencontrés par la graine, dans la terre. Cela est déjà le futur, ou une image fantasmée. « Un instant vécu, après l’autre »

Attention, comme nous l’avons déjà dit, cela ne se fait pas en une fois. C’est au fur et à mesure de cette routine, que cet instant présent devient salutaire. Et donc, c’est lorsque vous avez répété, encore et encore, cet instant qu’il sera efficace lors d’une crise. C’est à dire que lorsque vous avez une crise, cet effort de présence, même s’il échoue vous met sur la voie d’un moment de calme.

6) La méditation : une écoute bienveillante et calme de son inconscient

Enfin, la méditation nous offre la possibilité de nous écouter avec bienveillance et calme. Elle nous permet d’explorer les profondeurs de notre inconscient, d’identifier nos peurs et nos blocages, et de les libérer progressivement. En écoutant notre inconscient, nous pouvons accéder à des informations précieuses sur nous-mêmes. Nous pouvons trouver des réponses à nos questions les plus profondes.

Nous ne faisons pas cette analyse lors de la session. Mais, lorsque survient une pensée, un trouble. Nous le nommons, et nous revenons à notre corps. Cela se fera autant de fois que c’est nécessaire. Parfois, certaine séances sont des marathons de retour sur soi. C’est le processus de la marche. Nous tombons, à chaque pas. Mais à chaque pas, nous nous rattrapons. C’est ainsi que nous avançons. Et répétons l’exercice de retour à soi à chaque fois. C’est cela la méditation. Et quand, il y a un grand pas sans déséquilibre, c’est que nous méditons un peu plus longtemps. La vie change constamment. Notre cerveau vit.

Lors de la fin de la séance, nous avons alors l’opportunité de réfléchir. Nous analyserons sur ce qui nous a pousser à penser. Le but n’est pas de casser la pensée, mais d’y réfléchir et découvrir « ce qui est en nous, agit ». Cela doit se faire avec bienveillance, et parfois un peu d’aide d’un professionnel, si nous en ressentons la nécessité.

Conclusion

La routine méditative est une pratique précieuse qui nous permet de développer une relation saine avec nous-mêmes et de cultiver notre bien-être mental. En nous différenciant de la répétition de la fuite dans les distractions, nous pouvons utiliser la méditation comme un outil de croissance personnelle et de transformation. En établissant une routine méditative, nous renforçons notre moi, développons une plus grande résilience et cultivons une écoute bienveillante de notre inconscient. Alors, pourquoi ne pas commencer dès aujourd’hui à intégrer la méditation dans votre routine quotidienne ?

photo : @playgroundai

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