La grille de lecture de l’apprentissage des compétences et conscience de soi.

 

L’apprentissage demande une humilité, une connaissance de soi, un savoir-faire personnalisé, une motivation. Cela s’acquiert seul ou de manière accompagnée (Parents, enseignants, soutien scolaire, coaching). C’est au fil de l’expérience scolaire, et de la vie que ses compétences spécifiques et la conscience de soi se forgent.

Nous tendons à oublier que l’apprentissage est plus que l’acquisition de compétences. C’est aussi une transformation de l’estime de soi. Les enfants sont alors mis à rude épreuve et, s’ils n’ont pas le soutien nécessaire ou la maturité suffisante, ils peuvent se sentir blessés ou vulnérables à chaque étape de leur parcours.

Étape 0 : Ignorance ou non conscience de la possibilité d’apprendre.

À cette étape, la personne peut manquer de conscience de soi et d’humilité, car elle n’est pas encore en mesure de reconnaître son propre potentiel d’apprentissage. C’est ainsi, que vous lui parler de mathématique, elle est déjà dans le refus. Elle est face à toute les rumeurs, et une connaissance de soi dans ce domaine faible. Elle n’a encore rien expérimenté, qu’elle va vous dire, qu’elle n’a pas un cerveau mathématique. Or tout cerveau normalement constitué a d’office cette aptitude. Nous sommes d’accord que cela ne veut pas dire qu’elle arrivera à une maîtrise totale des concepts et un amour de ce domaine. Mais, en gros personne ne sait encore, ce qui va se passer dans la suite.

Étape 1 : Incompétent inconscient

À cette étape, la personne peut avoir une faible conscience de soi et manquer d’humilité, car elle ne réalise pas qu’elle est incompétente dans un domaine donné. Cependant, cette étape peut également être une occasion pour la personne d’acquérir de l’humilité en reconnaissant qu’elle peut apprendre quelque chose de nouveau. C’est comme l’apprentissage d’une langue, à ce moment de l’apprentissage. Les personnes prennent un cours, et comprennent qu’ils ne comprennent rien. Cela se traduit par, je suis nul, ou je n’ai pas la patience pour me mettre à l’apprentissage de cette langue. En gros, la personne n’a pas encore entamé l’apprentissage, et déjà, elle s’évalue au niveau des enseignants, élèves avancés qui ont des résultats probants. Ils parlent déjà, et moi pas …

Étape 2 : Incompétent conscient

 

 

À cette étape, la personne a acquis une certaine conscience de soi et d’humilité en reconnaissant ses limites et ses faiblesses. Elle est prête à apprendre et est ouverte à recevoir des commentaires et des conseils. La personne, dans ce cas, voit de plus en plus des résultats, et commence à voir un développement chez elle. Elle en est contente, mais la moindre erreur peut l’amener à douter de ses compétences.

Le feed-back et les tests sont nécessaires et très stigmatisants.

Le processus du feed-back est alors très fragile. Le moindre test négatif peut amener la personne à douter, et remettre en question ses acquis, et la suite de son apprentissage. La dictée est réussie, la personne est fière. La fois suivante, lors de l’examen de conjugaison, le test est échoué. La personne est effondrée, elle ne comprend pas ce que l’on attend d’elle, ni comment approcher le problème. Elle voit pourtant autour d’elle, que des personnes semblables à elles, qui réussissent. Cette réalisation mentale peut amener des doutes, surtout quand les premiers feed-back, les tests, sont là. Il faut bien faire la différence entre le résultat, et la personne. Les points du test ne sont pas la personne.

Étape 3 : compétent conscient

À cette étape, la personne a développé une conscience de soi plus profonde et une plus grande humilité en reconnaissant qu’il est important de se concentrer et de faire preuve d’attention pour effectuer la tâche correctement. Elle connaît maintenant les exigences de l’enseignement.

Fierté et feed-back.

La personne, ici, comprend maintenant que le processus d’apprentissage est nécessaire. Chaque soir, elle s’assied avec son agenda. Elle évalue les devoirs, entame ses exercices et s’astreint à passer la difficulté du temps, de l’organisation de son travail, de la relecture, de la mémorisation… Et, elle est fière de son travail, des résultats. Mais plus encore, elle est consciente qu’elle est capable de suivre cette formation, et d’évoluer. Et là, le fait de poursuivre la formation est un plus pour sa conscience de soi. Les résultats ne la reflètent pas, mais la rassurent sur ses capacités. La confiance en soi augmente.

 

Étape 4 : compétent inconscient

 

À cette étape, la personne a acquis une maîtrise de la tâche et peut la réaliser de manière fluide et efficace sans avoir besoin d’y penser consciemment. Elle est cependant toujours consciente de la tâche et peut reconnaître les domaines où elle peut continuer à s’améliorer. En gros, la routine de travail est installée. La personne adapte son apprentissage, à la difficulté qui ne fait qu’augmenter. Car toutes les matières ne s’étudient pas de la même manière. Par exemple, en français, le vocabulaire demande juste la répétition, la grammaire demande l’exécution d’exercices qui facilitent la compréhension. (…) La personne voit les résultats, et cela renforce la confiance en ses capacités. Le fait de s’adapter, de personnaliser la matière, et le faire accompagner, mais aussi seul la rassure sur elle-même. A ce stade, le processus d’apprentissage est souvent considéré par la personne comme terminé. Par exemple, le cours de français ne s’occupe plus des conjugaisons, et des dictées. On évolue maintenant dans les rédactions. Et donc, ce n’est plus un domaine clairement balisé. Il faut faire appel à de nouvelles compétences. La personne se rend compte que bien qu’elle écrive sans faute, elle doit dépasser le niveau. La personne était sûre d’elle. Et la conscience de soi, et la confiance en ses capacités vont l’aider à dépasser cette nouvelle épreuve. La personne alors écrit sans fautes, sans devoir revoir sa grammaire, et sa conjugaison. Elle n’a plus conscience des ajustements de son cerveau. Elle est sûre d’elle, mais n’a plus conscience de son passé. Lorsqu’elle regarde un plus jeune dans l’apprentissage, elle a difficile de le comprendre et lui expliquer les bases.

Compréhension et adaptation.

Il y a aussi d’autres étapes, celle où vous devez adapter vos connaissances au monde du travail, ou vos connaissances s’inscrivent dans un ensemble encore plus vaste. Dans notre exemple du cours de français, l’élève rassuré va découvrir que sa connaissance de la langue ne suffit pas, et qu’il faut inscrire cette connaissance, dans un cursus de droit.

Normalement, si le processus s’est bien passé, la personne est rassurée, et pourra s’adapter. Elle pourra créer son propre mode d’apprentissage, et repasser les étapes qui se repositionnent à ce niveau.

Etape 5 : Compétence

À cette étape, la personne a développé une conscience de soi très profonde et une grande humilité en reconnaissant qu’il y a toujours place à l’amélioration et à l’innovation. Elle est capable de s’adapter aux situations nouvelles, comme sa profession, des publics différents avec des niveaux différents de compréhension, ou des situations imprévues , où la langue française est liée à un argot professionnel. Il sent qu’il est alors capable d’utiliser sa créativité pour explorer de nouveaux horizons.

Expertise

La personne est également consciente de sa propre expertise et de son potentiel. Mais, elle reste humble et ouverte à l’apprentissage continu, surtout dans le monde actuel, où les technologies bousculent nos cursus, nos savoirs, et notre idée du monde.

 

Conclusion : Le processus scolaire est autant la création d’un savoir que la découverte de soi.

 

La conscience de soi et l’humilité ne sont pas des traits fixes et immuables, mais plutôt des compétences qui peuvent être développées et améliorées au fil du temps.

Le processus d’apprentissage peut aider une personne à mieux se connaître et à comprendre ses propres forces et faiblesses, tout en restant humble et ouverte à de nouvelles idées et de nouveaux défis.

Photo: Lexica-art@

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