Le cerveau : organe d’adaptation :

Le cerveau est un univers à notre disposition. Il serait triste de le limiter à un tunnel d'illusion.

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Notre cerveau est un organe incroyablement adaptable ! Pour être heureux et en bonne santé, il a besoin d’être stimulé et de se reposer de temps en temps, afin de s’adapter à ce qui se passe dans le monde. Cette adaptation demande des choix, car le monde est loin d’être un jeu de golf ou une montagne russe. La méditation ne doit pas être considérée comme une évasion de la réalité, mais plutôt comme un épanouissement pour la découvrir. Certaines règles peuvent aider à cela, mais d’abord, examinons les mythes qui y sont attachés.

Mythe, utopie et choix.

Nous avons souvent l’habitude de voir le monde sous deux regards.

Quand nous sommes fatigués ou âgés, nous aimons nous détendre, méditer et penser zen. Quand nous sommes jeunes ou calmes, nous voulons des montagnes russes pour nous amuser. Bien sûr, ces deux modes peuvent se succéder. Toutefois, il y a aussi des personnes qui ne sont dans qu’un seul mode, et utilisent la méditation comme une adaptation qui devrait être temporaire, mais qui devient la seule manière d’être. Au lieu d’être une pratique intéressante qui favorise la plasticité du cerveau, la méditation devient alors une simple fuite. Elle se transforme en un comportement qui s’apparente à une couverture pour ses peurs et le monde extérieur. Ce système agit comme armature à des pensées fragilisées.

Face à une apparente menace, nous avons tendance à répondre de trois manières : la fuite ou l’inhibition, l’agressivité. Ce sont les premiers comportements naturels.

« Laissez moi, je médite ».

Si la méditation est un comportement qui favorise la plasticité du cerveau, c’est-à-dire que le cerveau adapte sa structure au monde et à l’environnement, il se perfectionne et corrige ses erreurs pour rester performant. Il gère le stress pour mieux être.

Le pelouse de golf.

Être dans la restriction et coupé de la société, en privilégiant une utopie, est un mode non adaptatif. On évite le stress. Notre cortex n’est pas fait pour cela. Mais il existe une tendance chez nous qui veut tout transformer en réflexes, en éléments non perturbants. Le cerveau utilise les automatismes pour économiser l’énergie. Notre horizon est la pelouse de golf.

Si nous sommes épuisés par le travail, nous avons tendance à éviter les réflexions difficiles. Imaginons qu’un homme est coincé dans les embouteillages sur le périphérique. La voiture de devant fait un accident et une dame en sort. Si l’homme justifie l’accident par un cliché « les femmes au volant », cela évite de réfléchir plus loin.

En temps de fatigue, de stress important, nous rejetons les tensions et les complications. Nous voulons avoir la paix. Le cerveau abandonne la complexité et tente de réagir surtout par réflexes. Le cerveau préfère les automatismes pour économiser de l’énergie. Nous vivons alors dans un mythe temporaire : tout doit être simple et ne doit pas nous perturber. Le but est de se reposer et d’éviter le stress.

Nous fuyons face à une réalité devenue menaçante. Mais si cette croyance dure, nous nous battons pour maintenir le monde artificiel que nous avons créé face à l’environnement. Dans ce cas, nous choisissons souvent les personnes qui pensent comme nous et évitons les autres. Nous cherchons une confirmation de nos pensées. Pour maintenir ce mythe, cela coûte de l’énergie. Parallèlement, l’angoisse de son arrêt se développe.

« Complètement déshydraté, il vit apparaître dans une oasis, un djinn orange. » Gaëtan Faucèr

Nous risquons alors de ne plus exister qu’à travers un autre, mentor, gourou, dealer, gardien qui nous garantit l’évasion. Mais ce guide vit dans la réalité que nous fuyons. Grâce à ses suggestions, il dirige nos comportements et confisque nos choix. La méditation qui suit cet ascétisme est l’entretien d’une illusion. Cette retraite méditative se rapproche alors de ce que les djinns peuvent offrir dans les contes pour enfants.

Le rêve méditatif prétexte, le rituel refuge.

La bienveillance nécessaire à la méditation et à la contemplation de la nature disparaît. Nous devenons agressifs. Le rituel devient un prétexte pour maîtriser l’environnement et les personnes. Il cesse de nous apaiser. Nous sélectionnons les textes pour qu’ils aillent en adéquation avec notre vision du monde. Nous dirigeons notre violence vers le monde extérieur, car il ne se plie pas à notre esprit fatigué. L’angoisse que tout le monde ressent déjà augmente ainsi. Ici, la technique de méditation devient un refuge, où nous restons figés dans cette approche. Nous risquons de ne plus exister qu’à travers un autre, mentor, gourou, dealer, gardien qui nous garantit l’évasion, une potentielle barrière face au stress. Mais, ce guide vit dans la réalité que nous fuyons. Grâce à ses suggestions, il dirige nos comportements et confisque nos choix et pensées. La méditation qui suit cet ascétisme n’est plus une pratique de bien-être, mais plutôt l’entretien d’une illusion.

« Le djinn si vieux soit-il, est encore capable de faire d’horribles grimaces pour faire peur à des enfants. » Proverbe wolof

La méditation, une pratique pour booster ses performances !

La montagne russe

La surconsommation est un danger qui nous guette tous. Nous pouvons facilement nous perdre dans une quête de récompenses éphémères qui ne nous apportent rien de durable. Notre cerveau est alors prisonnier d’une vision utopique, sans réalisme, qui nous fait rechercher la récompense et le gain, même dans la méditation. Nous dépendons de notre environnement mercantile qui dirige nos comportements. Mais nous pouvons changer cela !

Ici, les gourous se multiplient et se contredisent, les créateurs nous imposent leurs volontés, les commerçants dirigent la réactivité de nos neurones, trafiquent nos pensées. C’est nous qui leur donnons les clés. Nous courons sans cesse, ne voyant que la récompense. Nous recherchons la surprise et l’évasion pour obtenir notre dose de dopamine et d’explosion de bonheur fugitif. Mais une fois cette sensation passée, nous repartons à la recherche de la suivante, dans une course effrénée qui nous maintient dans un stress constant. L’angoisse de ne pas atteindre notre but, ou d’acquérir un statut ou un objet, nous ronge. Le monde semble aussi faux que celui que nous avons créé.

La méditation, un outil pour mieux vivre !

Cependant, la méditation peut être une pratique qui nous aide à mieux vivre. Elle nous permet de nous concentrer et d’apaiser notre esprit. Elle nous permet de remettre en question notre environnement et de nous libérer de notre dépendance aux récompenses éphémères. Mais, dans les montagnes russe, nous pouvons utiliser les apports secondaires de la méditation comme des béquilles mentales. Cela nous aide à évoluer, non pas vers un bien-être réel mais une pratique de réajustement de l’esprit. Les pensées qui dirigent notre pratique est alors le résultat matériel ou social. Cela risque de rester temporaire, comme une pluie dans un désert.

Repères.

Sagesses.

« Les textes védiques renferment une idée relativement profonde : le monde tel qu’on le perçoit est maya (« apparence » ou « illusion ») Cela signifie que les gens sont aveuglés par leur désirs et incapables de voir les choses comme elles sont. « … « Nos yeux sont des outils, ils sont là pour obtenir ce que nous souhaitons. Le prix à payer pour cette fonctionnalité, pour cette aide particulière est une cécité au reste du monde. »  » 12 règles pour une vie. Jordan B. Peterson.

Tous les sages, philosophes et psychologues nous encouragent à découvrir la réalité par un regard objectif. Pour cela, il faut nourrir notre cerveau et le former à s’adapter aux réelles conditions de vie. Organiser nos pensées. Si nous ne sortons pas de notre zone de confort ni des illusions, nous ne pouvons pas évoluer. Nos pensées restent figées, par peur de conserver une identité fragile.

Bien que les retraites ou les vacances aient leur utilité, il n’est pas nécessaire de se soumettre à un « boot camp » qui soumet notre cerveau à des stress terribles hors de propos pour améliorer notre bien-être. Il est préférable d’intégrer la méditation à notre vie quotidienne pour nous aider à nous adapter aux difficultés et aux réalités de notre vie.

Dépendances.

En nous soumettant à des comportements extrêmes, nous rendons notre cerveau malade et dépendant de divers neurotransmetteurs et hormones. Notre bien-être n’est pas statique, il évolue constamment. Il est important de se relever après une chute, comme l’a montré le Christ en s’incarnant dans un corps humain. Nous ne pouvons pas éviter cette adaptation qui nous forme tout au long de notre vie.

Il est temps de sortir de nos illusions et de libérer notre cerveau de sa dépendance aux récompenses éphémères. La méditation peut être notre alliée pour atteindre notre bien-être réel et notre épanouissement personnel.

« Le Bouddha réalisa la Voie après avoir connu tout ce qui peut exister au monde. Cela a été désigné par l’expression : “huit mille fois l’aller et retour en ce monde d’endurance de souffrance”. »

Zen et Samouraï Suzuki Shôsan. Traduction de M. et M.

Règles pour favoriser l’adaptation du cortex

Il est important de suivre certaines règles afin de maintenir une adaptation et une objectivité naturelle sans tomber dans l’utopie ou la consommation excessive.

1. Prenez le temps d’écouter les autres et de comprendre leurs points de vue. 2. Soyez ouvert à la discussion et à des points de vue différents. 3. Essayez de trouver des solutions qui satisferont toutes les parties. 4. Respectez les opinions et les croyances des autres. 5. Ne soyez pas influencé par la consommation excessive ou la mode. 6. Apprenez à connaître votre environnement afin de mieux comprendre vos voisins et votre communauté.

7. Gardez un esprit positif et soyez optimiste quant à l’avenir.

Le cerveau a besoin d’être stimulé et nourri pour découvrir le monde.

Dopamine et Sérotonine

Deux neurotransmetteurs sont impliqués dans la régulation de l’humeur et de la motivation au niveau du cerveau. Ce que nous découvrons est assimilé différemment selon notre approche. Bien qu’ils soient les mêmes neurones, ils agissent différemment.

Les deux neurotransmetteurs dont nous avons besoin sont :

  1. Dopamine : hormone du plaisir et du bonheur temporaire
  2. Sérotonine : hormone qui maintient le bonheur et réduit les comportements à risque

L’équilibre est la situation idéale

Le cerveau peut être stimulé de manière saine et naturelle par des activités qui augmentent la production de dopamine et de sérotonine, comme l’exercice physique, la méditation, le contact social positif, l’apprentissage, la découverte, la nourriture saine et le sommeil régulier.

Cependant, les comportements excessifs de nourriture ou de substances qui stimulent artificiellement la production de dopamine, tels que l’abus de médicaments dopants, d’alcool ou la consommation excessive de drogues et d’amphétamines, peuvent avoir des conséquences négatives sur la santé mentale et physique.

Le dopage

Par exemple, jouer aux échecs peut apporter un développement mental positif. Cependant, les joueurs qui augmentent leurs résultats grâce à des produits calmants n’ont pas de développement de valeur humaine intrinsèque. Le même comportement en méditation avec des calmants mène au même résultat, sauf sous surveillance médicale.

La musculation demande une forte motivation, même sous amphétamines ou autres. Avec ces derniers, les résultats musculaires seront rapides, mais vous serez isolé car votre psychologie en surcharge développera des comportements à forte agressivité sociale. À court terme, votre corps deviendra malade, la fatigue des reins et des tissus guettent. La réalité sera perdue de vue pour une apparence sociale ou un statut. Les conséquences sont souvent très dangereuses.

Conclusion

La méditation est une pratique d’épanouissement du cerveau qui ne concerne que vous, mais elle peut être appliquée à la vie sociale. Nous devons éviter les pièges décrits ci-dessus.

Le but de la méditation est personnel et ne doit pas servir à un groupe quel qu’il soit. L’apprentissage est important, mais nous devons garder notre libre arbitre et notre esprit ouvert.

Certaines caractéristiques mentales ne peuvent pas pratiquer la méditation. Il existe d’autres possibilités de bien-être, que nous aborderons dans un prochain article.

Cependant, méditer peut être difficile, surtout pour ceux qui ont des difficultés à se concentrer.

Il existe pourtant 12 règles du cerveau que tout le monde devrait connaître. Nous les verrons dans le prochain article.

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