L’oubli est un apprentissage 3

Examinons les différences entre les approches psychanalytiques concernant l’oubli.

Introduction

L’oubli est un phénomène courant dans nos vies. Il peut être frustrant de réaliser que nous avons oublié quelque chose d’important ou que nous ne nous souvenons pas d’une information cruciale. Mais quel est le rôle de l’oubli dans notre psyché ? Comment les différentes approches psychanalytiques expliquent elles ce phénomène ? La psychanalyse, développée par Sigmund Freud, propose une perspective différente. Dans la psychanalyse, l’oubli peut être lié à des mécanismes de défense psychologiques, tels que le refoulement. Selon cette perspective, certaines informations ou souvenirs sont refoulés dans l’inconscient parce qu’ils sont trop perturbants ou menaçants pour la psyché de l’individu. L’oubli serait alors une manière de protéger la conscience contre des contenus présentant des traumatismes.

Interférence de l’inconscient

L’oubli est souvent considéré comme le résultat d’interférences de l’inconscient vers la conscience. Les souvenirs refoulés peuvent émerger de manière inconsciente et perturber le fonctionnement conscient de l’individu. L’oubli est alors vu comme une manifestation de conflits psychiques non résolus plutôt que comme une décision consciente.

Conflits, émotions, besoins

Lorsque des souvenirs sont refoulés ou oubliés en raison de mécanismes de défense psychologiques, cela peut être interprété comme une expression :

  • des émotions
  • des conflits
  • des besoins inconscients de l’individu.

Dans ce cas, l’oubli est souvent perçu comme une priorité intempestive de l’inconscient qui agit pour protéger la psyché de l’individu. Cependant, notons que toutes les approches psychanalytiques ne partagent pas nécessairement cette vision de l’oubli. Certains psychanalystes, comme Carl Jung, ont développé des théories différentes sur l’oubli et son rôle dans la psyché. Pour Jung, l’oubli peut être vu comme une stratégie de protection de la psyché contre des contenus inconscients perturbants ou menaçants. Il est donc interprété comme une tentative de l’inconscient de gérer les émotions, les conflits ou les besoins profonds de l’individu. Dans les deux cas, l’oubli n’est pas nécessairement un échec de la mémoire ou du psychisme. Il peut révéler un calcul de priorité affective, informationnelle ou cognitive visant à favoriser la survie et le fonctionnement efficace de l’individu dans son environnement. Prenons quelques exemples concrets pour illustrer ces différentes approches de l’oubli :

– Oubli de matériel nécessaire avant d’aller au cours :

Dans une perspective psychanalytique, cet oubli pourrait être interprété comme une manifestation d’un conflit psychologique ou de stress. Il peut être utile de réfléchir à ce qui aurait pu contribuer à cet oubli, comme le stress lié aux études, des préoccupations personnelles, ou d’autres facteurs émotionnels. En examinant ces aspects, l’étudiant pourrait mieux comprendre ses réponses psychologiques et développer des stratégies pour les gérer.

– Oubli d’un devoir à faire et à rendre le lendemain :

Cet oubli pourrait être interprété comme une manifestation de l’anxiété liée aux obligations académiques. L’étudiant pourrait explorer ses sentiments à ce sujet et essayer de comprendre s’il existe des facteurs émotionnels qui contribuent à ces oublis. Cela pourrait conduire à des stratégies pour gérer le stress lié aux études.

– Oubli d’une information comme une définition lors d’un examen :

L’oubli d’une information pendant un examen peut être lié à l’anxiété de performance. L’étudiant pourrait explorer ces émotions et essayer de comprendre comment elles influencent son comportement pendant les examens. Cela pourrait conduire à des stratégies pour gérer le stress de l’examen. Dans une perspective psychanalytique, l’oubli répétitif ou les oublis agissant de manière significative dans la poursuite des études pourraient être interprétés comme des signaux indiquant des conflits ou des problèmes psychologiques sous-jacents. Ces oublis pourraient être liés à des émotions, des angoisses, des peurs ou des désirs refoulés qui interfèrent avec la capacité de l’individu à se concentrer sur ses études.

Conclusion

Ces comportements pourraient être explorés à travers une thérapie pour comprendre les facteurs psychologiques sous-jacents qui contribuent à ces oublis répétitifs. L’oubli répété peut être une opportunité d’analyser les choix, les priorités et les conflits inconscients de l’individu afin d’apporter des changements positifs dans sa vie académique et personnelle. Une thérapie psychanalytique pourrait aider à identifier et à résoudre ces problèmes psychologiques afin de permettre à l’étudiant de mieux s’engager dans ses études.

Photo : @lexica-art

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